Le réseau de proximité de la CMA Nouvelle-Aquitaine a mené une enquête auprès des entreprises artisanales de la région concernant leur rapport à l'eau. L'étude, basée sur 228 réponses dont 198 exploitées, met en lumière des situations variées : une dépendance moyenne à critique pour 57 % des entreprises actives, mais un sujet encore secondaire pour près d'un artisan sur deux.
Face aux sécheresses répétées, notamment durant les étés 2025 et 2026, où la Nouvelle-Aquitaine et des départements comme la Gironde et la Charente-Maritime ont été particulièrement touchés par les restrictions, la tension sur la ressource hydrique devient concrète pour une partie des artisans. Les climatologues documentent une raréfaction nationale de la ressource, dont l'aggravation régionale reste à mesurer.
Les résultats montrent une corrélation directe entre l'exposition des entreprises et leur perception de l'urgence : aucune entreprise en dépendance critique ne considère l'eau comme secondaire, tandis que 78,8 % de celles en dépendance faible estiment qu'elle n'est pas une priorité. De même, 78,6 % des entreprises en dépendance critique anticipent un impact futur de l'eau sur leur activité, contre seulement 14,1 % de celles en faible dépendance.
Parmi les entreprises pour qui l'eau n'est pas une priorité (46 % des répondants), le coût de l'énergie arrive en tête des préoccupations (24 %), devant la conjoncture économique ou la recherche de clientèle. 17 répondants se disent non concernés par le sujet.
Les 57 entreprises ayant engagé des actions privilégient la récupération d'eau de pluie (cuves, récupérateurs) et le changement des pratiques quotidiennes (limiter l'écoulement, réduire les lavages). Les équipements économes et la réutilisation de l'eau employée suivent.
Les 50 entreprises ayant intégré l'eau à leur stratégie font face à des difficultés, notamment la dépendance structurelle de leur activité à la ressource, l'insuffisance des solutions de recyclage et la maîtrise du gaspillage. 59 entreprises anticipent un impact futur, citant principalement la récupération d'eau de pluie et la sobriété au quotidien, mais aussi des craintes sur la qualité et la disponibilité de la ressource.
La demande la plus fréquente adressée aux pouvoirs publics concerne l'aide à la récupération et au stockage de l'eau de pluie (15 réponses). Viennent ensuite la défiance envers l'action publique, les appels à entretenir les infrastructures existantes et à végétaliser les sols.
L'enquête, menée par le Pôle Data Marketing de la CMA Nouvelle-Aquitaine, a identifié 63 sujets distincts à partir de 363 réponses ouvertes.




