« Je souhaiterais commencer par une confidence. Avant cet été, j’avais parfois le sentiment que la filière télécoms n’existait pas. Et puis il y a eu les incendies, et j’ai changé d’avis. Je sais maintenant que la filière télécoms existe et qu’en situation de crise, elle sait remarquablement bien travailler ensemble ».
Ces mots ont été prononcés par Yann Breton, directeur de Gironde Numérique, lors de son intervention à l’Université de la Transition Numérique des Territoires, qui s’est tenue hier à Pau. Il participait à une table ronde consacrée à la résilience des réseaux.
L’incendie dramatique survenu cet été en Gironde a été une source d’enseignements. Au sein de la cellule de crise mise en place par la Préfecture, Gironde Numérique a représenté pour la première fois tous les opérateurs (Orange, Bouygues, Free, SFR, etc.) grâce à sa neutralité et ses missions de service public. Le syndicat mixte est ainsi devenu un agent de liaison, facilitant la circulation de l’information, identifiant les interlocuteurs et créant un climat de confiance.
Cet épisode a également démontré la résistance de la fibre optique. Des PBO (Points de Mutualisation) ont continué à fonctionner malgré les dégâts extérieurs, et certaines fibres optiques nues ont transmis des données. Bien que les câbles détruits doivent être remplacés et les poteaux reconstruits, la fibre a globalement bien résisté à l’incendie, validant ainsi le choix de Gironde d’enfouir 100 % de la collecte et du transport depuis 2018.
Nicolas Tarbes, Président de Gironde Numérique, a tenu à faire passer un message essentiel : « Nous avons été le premier Département à conceptualiser et mettre en œuvre un Schéma Local de Résilience. Mais cela ne va pas assez vite et pendant ce temps, les crises climatiques se multiplient et s’intensifient. Le coût de la résilience a un prix et pour préparer et préserver nos territoires, ce coût doit être intégré dans les modèles économiques des réseaux. »




