Depuis 2018, les travaux de recherche menés en altitude ont examiné plus de 300 adultes et 600 enfants, mais aucune femme adulte n'avait encore été incluse dans les cohortes étudiées. Ce manque est d'autant plus regrettable que les observations préliminaires suggèrent que les femmes seraient moins touchées que les hommes par le mal chronique des montagnes, potentiellement grâce à l'effet protecteur des hormones féminines face au manque d'oxygène.
Pour vérifier cette hypothèse, une équipe de recherche, incluant Aurélien Pichon, doyen de la Faculté des Sciences du Sport de l'université de Poitiers et chercheur au laboratoire Move, a installé un laboratoire de physiologie à 5 300 mètres d'altitude. L'étude a mobilisé 120 volontaires, dont 80 femmes, soumis à un protocole clinique complet incluant des échographies cardiovasculaires, des analyses sanguines poussées et un suivi ventilatoire.
Les retombées de cette mission, baptisée Expédition 5300, dépassent le cadre des populations d'altitude. Comprendre l'adaptation féminine à l'hypoxie pourrait améliorer la prise en charge médicale des femmes vivant dans des environnements extrêmes et faire progresser le traitement de pathologies courantes comme l'apnée du sommeil ou la bronchopneumopathie chronique obstructive.
Ce projet est structuré en Groupement d'intérêt scientifique (GIS) et implique plusieurs établissements académiques et hospitaliers, dont l'université de Poitiers, l'université Grenoble Alpes, l'université Claude Bernard Lyon 1, le CHU Grenoble Alpes et l'ENSM, ainsi que l'Inserm et l'IRD. En documentant les spécificités biologiques féminines, cette mission vise à garantir une médecine plus précise et équitable.




