Le nom de l'exercice, ÉGLETONS 44, rend hommage aux combats de la Résistance qui ont eu lieu dans la région en 1944. Le colonel Antoine Naulet souligne la symbolique forte de continuité avec cet hommage aux résistants corréziens.
Cependant, l'exercice est résolument tourné vers les conflits actuels. La première phase, qualifiée de « haute intensité », a vu 550 militaires s'engager dans des combats simulés sous terre. Pendant cinq jours, ils ont creusé des kilomètres de tranchées pouvant atteindre 1,50 mètre de profondeur, tout en étant sous la menace constante de drones et de snipers ennemis.
La pression nocturne et diurne visait à pousser les soldats dans leurs retranchements, au sens propre comme au figuré. Après cette phase éprouvante, les militaires ont bénéficié d'un sas de régénération de six à douze heures en zone arrière, leur permettant de se doucher, manger et dormir avant de repartir.
Depuis mardi soir, le scénario a évolué vers le combat en localité, une autre composante majeure de cet entraînement. Cette séquence s'est poursuivie ce mercredi à Brive, où les soldats, véhicules et blindés ont investi plusieurs secteurs de la ville. Contrairement à un camp militaire, la ville impose aux militaires de s'adapter à ses contraintes : poteaux électriques, routes, circulation, et même la présence d'habitants.
Le colonel Naulet insiste sur l'importance de ces détails : « Tous ces petits détails-là, à la guerre, comptent beaucoup. » L'armée utilise une large palette d'entraînements, mais le terrain libre apporte une dimension irremplaçable : l'imprévu du réel.
Bien que conscient des contraintes pour les habitants, le chef de corps affirme que l'enjeu dépasse ces quelques jours d'exercice : « Ça sauve des vies. Les erreurs que l’on fait à l’entraînement, on ne les reproduira pas au combat. » L'objectif d'ÉGLETONS 44 est de rendre l'entraînement suffisamment réaliste pour que les soldats, surnommés les « Bisons », soient préparés à composer avec l'imprévu.




