Les drosophiles, petites mouches souvent trouvées autour de sources de nourriture communes comme les fruits en décomposition, présentent des comportements d'activité étonnants lorsqu'elles vivent en communauté. Alors que les espèces étudiées sont naturellement actives au crépuscule lorsqu'elles sont isolées, leur rythme se réorganise rapidement en présence d'autres individus.
Une étude publiée dans Nature Ecology & Evolution par des chercheurs d'INRAE, de l'Institut d'Neurosciences Paris-Saclay (NeuroPSI) et de l'Université Paris-Saclay, révèle que ces interactions sociales entraînent une divergence des périodes d'activité. Certaines espèces deviennent nocturnes, tandis que d'autres privilégient l'activité diurne, l'ampleur de ce changement variant selon les espèces.
Le mode de communication utilisé lors de la parade nuptiale joue un rôle clé dans cette adaptation temporelle. Les espèces s'appuyant principalement sur des signaux chimiques tendent à devenir nocturnes, alors que celles qui dépendent davantage de la vision orientent leur activité vers la journée. Ces interactions sexuelles contribuent ainsi à séparer les périodes d'activité des différentes espèces.
La dopamine, une substance cérébrale, coordonne ces adaptations. Chez les mâles, la présence de femelles de la même espèce modifie la signalisation dopaminergique, favorisant l'éveil et la motivation sexuelle, ce qui décale le moment des interactions. Cette plasticité du rythme quotidien permet aux espèces de réduire le chevauchement de leurs modes de vie et d'optimiser leur coexistence dans un même environnement.




